L’auteur-compositeur Jean-Jacques Goldman revient sur cette sombre histoire de son passé qui l’a marquée !

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Cet épisode sombre de la vie du musicien-chanteur reste l’un des sujets qu’il n’a jamais évoqués. Son demi-frère Pierre Goldman, tué en pleine rue, en 1979, l’a pourtant à tout jamais marqué.  Pierre n’était alors âgé que de 35 ans, mais a laissé une histoire aux multiples facettes, peinte de l’ombre de parents résistants, d’engagement politique et d’un passage en prison.

C’est l’histoire d’un frère, un frère d’une autre mère

Jean-Jacques Goldman avait à peine 28 ans lorsque la vie a été arrachée à son frère par des hommes armés, en pleine rue. Depuis qu’il est mort, l’auteur-compositeur n’est jamais revenu expressément sur cette question. Pierre Goldman fut néanmoins un intellectuel qui épousait les idéaux de l’extrême gauche, et qui avait été condamné pour des vols à main armée. Une vie hétéroclite, meublée d’événements inextricables, les uns plus compliqués que les autres.

Jean-Jacques et Pierre partageaient le même père : Alter Mosette Goldman. Celui-ci est né en 1909 à Lublin en Pologne, et meurt en 1988 en France. Venu en France, alors qu’il était âgé de 15 ans, Alter va être naturalisé plus tard en 1930 et va s’engager dans la résistance où il fit la rencontre de Janine Sochaczewska. L’union avec cette Polonaise d’obédience communiste va donner naissance à Pierre Goldman en 1944. Mais dès la libération, le couple se sépare.

Pierre Goldman est resté en France avec son père où il grandit. Il a été plusieurs fois exclu durant son cursus scolaire. Et devenu étudiant dans les années soixante à la Sorbonne, il milita pour l’extrême gauche avec un penchant pour la violence. Il voyagea en Amérique latine, a rejoint notamment le Venezuela et la guérilla et revint en France où il commit des vols à main armée.

Une fin brutale

C’est en 1970 que Pierre Goldman se trouva sous les charges d’une accusation le tenant responsable pour le meurtre d’une pharmacienne et d’une préparatrice à Paris. Il ne reconnut pas les faits, mais avait été condamné. En 1976, la Cour de cassation l’acquitta à l’issue d’un procès ultra médiatisé qui réduit sa peine à 12 ans, mais il n’en purgea que 6.

En prison, il rédigea son autobiographie « Souvenirs obscurs d’un Juif polonais né en France ». À sa libération, il se consacra à sa passion pour la musique latino-américaine.

Mais le 20 septembre 1979, alors qu’il allait répondre à l’invitation de son copain Pierre Benichou, Pierre Goldman fut assassiné en pleine rue dans le 13e arrondissement de Paris. « Aujourd’hui, 20 septembre 1979 à 12h 30, Pierre Goldman a payé ses crimes. La justice du pouvoir ayant montré une nouvelle fois ses faiblesses et son laxisme, nous avons fait ce que notre devoir nous commandait. Nous revendiquons cet acte au nom du groupe Honneur de la police », avaient revendiqué les malfaiteurs auprès de l’AFP, par un appel.

Mais ils resteront jusque-là introuvables. Près de 15 000 personnes y compris, les personnalités avaient assisté à ses obsèques au cimetière du Père-Lachaise.

Dès ce jour, Jean-Jacques n’est plus jamais revenu sur ce décès de son demi-frère, sauf une fois en 2018 dans le documentaire Goldman, Balavoine, Berger de France 3.  « C’est probablement quelqu’un qui a compté, comme tous les gens qui te sont proches ou qui sont de ta famille, parce que tu essayes de les comprendre, tu vis leurs paradoxes, leurs mystères, avait-il confié. Et Pierre, c’est un mystère. J’étais un peu atypique aussi dans la famille, dans le sens où j’étais politiquement musicien », avait-il confié.

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