Diplomatie, l’ambassadeur de France est déclaré persona non grata en Turquie, les dessous d’un dossier délicat !

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Le président turc Recep Tayyip Erdogan, a annoncé avoir instruit son ministère des affaires étrangères à déclarer « personae non grata » dix ambassadeurs, notamment ceux de la France, de l’Allemagne et des États-Unis. Une décision qui vient après que ces pays aient lancé un appel en faveur de la libération de l’opposant Osman Kavala, une bête noire du régime d’Ankara.

Les ambassadeurs invités à connaître et à comprendre la Turquie

En déplacement dans la partie centrale de la Turquie, Erdogan a affirmé : « J’ai ordonné à notre ministre des affaires étrangères de régler au plus vite la déclaration de ces 10 ambassadeurs comme persona non grata », sans pour autant préciser la date à laquelle les diplomates devront partir.

Ces diplomates des dix pays concernés « doivent connaitre et comprendre la Turquie », a martelé le chef de l’État, en les accusant « d’indécence ». « Ils devront quitter le pays s’ils ne le connaissent plus », a-t-il ajouté.

Dans les relations internationales, déclarer des ambassadeurs « personae non grata » est une mesure rare qui les pousse vers la porte de sortie ou leur rappel par leur pays.

C’est sans doute l’appel incessant à la libération de l’opposant Osman Kavala qui aurait poussé Tayyip Erdogan à prendre une telle décision. « Du matin au soir ils (les diplomates) répètent : Kavala, Kavala… Mais celui dont vous parlez, Kavala, c’est l’agent de Soros en Turquie », a affirmé le président durant une réunion publique, faisant une nouvelle fois référence au milliardaire américain d’origine hongroise George Soros auquel il compare régulièrement l’opposant.

Kavala, prisonnier politique depuis quatre ans

Le Canada, la France, la Finlande, le Danemark, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, la Suède et les États-Unis avaient appelé dans un communiqué conjoint, publié lundi soir, à un règlement juste et rapide de l’affaire Osman Kavala. Ce dernier est un homme d’affaires et figure de proue de la société civile turque, emprisonné depuis 2017 sans jugement. Les dix ambassadeurs avaient été impliqués dès le lendemain au ministère des Affaires étrangères, les autorités jugeant « inacceptables », leur démarche.

Le chef de l’État turc avait menacé jeudi d’expulser ces ambassadeurs, sans prendre de mesures concrètes dans ce sens. Ce même jour, il avait déclaré que les ambassadeurs réclamant la libération de l’homme d’affaires ne demanderaient pas celle de « bandits, d’assassins et de terroristes » dans leur propre pays.

Des pays comme la Suède, la Norvège, le Danemark et les Pays-Bas ainsi que l’Allemagne ont fait savoir samedi qu’ils n’avaient reçu aucune notification officielle émanant des autorités turques concernant leurs ambassadeurs respectifs à ce stade.

« Notre ambassadeur n’a rien fait qui puisse justifier l’expulsion », a indiqué une porte-parole du ministère norvégien des Affaires étrangères, Trude Måseide, citée par l’agence de presse NTB, ajoutant que son pays « continuera d’exhorter la Turquie à adhérer aux normes démocratiques ».  « Nous sommes actuellement en consultation intensive avec les neuf autres pays concernés », a annoncé le ministère allemand des Affaires étrangères. Plusieurs parlementaires néerlandais ont réagi sur les réseaux sociaux.

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