Face au spectre du fort taux d’abstention, les propositions fusent !

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La crainte d’une forte abstention à l’élection présidentielle de 2022 est vive dans les consciences des acteurs du système politique après le fort taux enregistré lors des seconds tours des élections départementales passées. Alertée par l’abstention massive chiffrée à 65 % lors des régionaux passés, l’Assemblée nationale a lancé une consultation citoyenne sur les ressorts de ce phénomène pour tenter de le corriger à l’avenir. Diverses propositions sont en vue, mais qu’en est-il de leur mise œuvre ?

Revoir les règles du jeu électoral

Au sujet de l’abstention à la présidentielle de 2022, le candidat insoumis Jean-Luc Mélenchon prévenait « le pire qui puisse nous arriver » en caricaturant « un piège à cons » qui ne profiterait uniquement à Emmanuel Macron et à Marine Le Pen.

Selon le député LREM Stéphane Travert, l’abstention est le premier parti de France. « On a aujourd’hui le devoir de faire en sorte que ce parti puisse retrouver une expression, poursuit le député. On se dit bien évidemment qu’on a besoin de [ré] légitimer le vote. »

Dans ses analyses, Mathilde Larrère, spécialiste en histoire politique et sociale observe que « L’abstention est un moyen de signifier que l’offre électorale n’est pas satisfaisante ». Elle n’exprime donc pas le refus du politique, mais plutôt du « jeu politique », considère Mme Larrère, d’autant plus que nombre de citoyens se sont résolus que ses règles sont pipées.

« Il y a un gros travail à faire pour regagner la confiance des électeurs », reconnaît Stéphane Travert, qui constate que certains ne vont pas voter en raison de la conviction « ça ne sert à rien ».

Un « véritable bug démocratique » qui a poussé à la création de l’association A voté, juste après les élections départementales et régionales passées pour lesquelles 87% des 18-24 ans ne se sont pas déplacés au premier tour. La problématique des personnes mal ou non-inscrites, qui pourraient représenter jusqu’à un quart du corps électoral français est une situation que l’association cherche à corriger. Son coprésident, Dorian Dreuil, estime qu’il apparait indispensable « d’encourager l’inscription sur les listes électorales ».

De nombreuses autres propositions

En matière électorale, les dispositions légales ont bien évolué. Depuis 2018, la date limite pour s’inscrire sur la liste des votants est passée du 31 décembre au sixième vendredi avant le scrutin. Ces dernières années, de nombreuses autres mesures complémentaires ont été adoptées pour faciliter le vote.

Pour cette présidentielle, il sera possible de réaliser une demande dématérialisée. Néanmoins, se rapprocher d’un commissariat ou d’une brigade de gendarmerie pour faire vérifier son identité est obligatoire.

Des mesures de simplification des modalités de votes – procurations, scrutin électronique par anticipation ou correspondances- sont des propositions régulièrement faites par les politiques. Toutefois, elles ne pourront pas être matériellement adoptées telles d’ici au printemps. Les mesures arrêtées par la maison parlementaire seront néanmoins connues d’ici la fin d’année.

« Rendre les électeurs et les électrices responsables de l’abstention, c’est un moyen pour ne pas voir que la vie politique ne les fait pas suffisamment rêver pour se déplacer et avoir envie de choisir », suggère Mathilde Larrère.  « Une réelle prise en compte du vote blanc pourrait amener certains abstentionnistes sur le chemin des urnes », a-t-elle insisté.

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