Les relations franco-algériennes au bord de la rupture, qu’a réellement dit Emmanuel Macron ?

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La crise diplomatique est une fois encore à son paroxysme entre la France et Algérie. Cette montée de tension entre les deux pays est due aux propos tenus par Emmanuel Maron le 30 septembre 2021 à l’Élysée contre le système politique algérien. Des propos qui passent mal chez les autorités d’Alger qui ont réagi à travers certaines décisions très fortes.

Le sanglant réquisitoire d’Emmanuel Macron

Le président français ne s’est pas réservé dans ses critiques à l’égard du gouvernement d’Algérie. Devant une quinzaine de jeunes, descendants des rapatriés de la guerre d’Algérie, réunie à l’Élysée, Emmanuel Macron s’en est ouvertement pris à Alger. Le chef de l’État a employé des mots jugés très acerbes contre les autorités algériennes.

« Le système politico-militaire s’est construit sur cette rente mémorielle. Une histoire officielle totalement réécrite qui ne s’appuie pas sur des vérités, mais sur un discours qui, il faut bien le dire, repose sur une haine de la France. La nation algérienne post 1962 s’est construite sur une rente mémorielle et qui dit : tout le problème, c’est la France. On voit que le système algérien est fatigué. Le Hirak l’a fragilisé. J’ai un bon dialogue avec le président Tebboune, mais je vois qu’il est pris dans un système qui est très dur. »

Voilà les propos d’Emmanuel Macron rapportés par Le Monde qui ont mis en colère l’Alger. Ce discours vient trancher avec le processus de réconciliation qu’avait voulu le président français dès son élection en 2017. Ces propos viennent s’ajouter à la décision de Paris de limiter le nombre de visas accordés aux pays du Maghreb. Cependant, du côté d’Algérie, la réaction ne s’est pas fait attendre.

La réplique d’Alger

Dans un communiqué publié le samedi 2 octobre 2021, l’Alger « exprime son rejet catégorique de l’ingérence inadmissible dans ses affaires intérieures que constituent lesdits propos. » Pour le gouvernement algérien, « les propos en question portent une atteinte intolérable à la mémoire des 5 630 000 valeureux martyrs qui ont sacrifié leurs vies dans leur résistance héroïque à l’invasion coloniale française ainsi que dans la Glorieuse Révolution de libération nationale. »

Dans ce long communiqué, les autorités qualifient la guerre d’Algérie d’un génocide organisée par la France contre l’humanité. « Les crimes de la France coloniale en Algérie sont innombrables et répondent aux définitions les plus exigeantes du génocide contre l’humanité. Ces crimes qui ne sont pas prescriptibles ne sauraient faire l’objet d’une manipulation des faits et d’interprétations atténuantes », peut-on lire dans ce communiqué.

« Face à la situation particulièrement inadmissible engendrée par ces propos irresponsables, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a décidé le rappel immédiat en consultations de l’ambassadeur d’Algérie auprès de la République française », souligne le communiqué. De même, l’Alger décide de la fermeture de son espace aérien aux avions militaires français engagés dans l’opération Barkhane dans le Sahel.

Selon le Premier ministre algérien Aïmene Benabderrahmane « Il ne faut pas toucher à l’histoire de l’Algérie ni à ses racines. L’Algérie est grande et au-dessus de toute personne qui fait ce genre de déclaration que nous considérons comme inacceptable ».

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