Sonia Hertz, vice-présidente de l’ADEVA 72 tire la sonnette d’alarme, les décès liés à l’amiante pourraient atteindre 1600 par ans d’ici 30 ans !

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D’ici 2050, les décès liés à l’amiante, malgré tous les efforts consentis pour juguler le mal, ne devraient pas ralentir. C’est le constat désolant qu’a fait l’ADEVA 72, une association qui assiste les victimes pour une amélioration durable de la situation. L’alerte donnée par la vice-présidente de l’association a notamment tenu compte des dégâts actuels causés par l’asbeste et sa forte présence dans le quotidien des Français.

L’amiante à l’origine de maladies graves

Malgré les efforts de désamiantage de plus en plus déployés pour arrêter les dégâts causés par ce minéral filamenteux, il est envisageable qu’il se révèle beaucoup plus dangereux durant les prochaines décennies. « L’amiante, ce n’est pas fini », a alerté Sonia Hertz, vice-présidente de l’ADEVA 72. Depuis sa création en 2003, cette association qui vole au secours des personnes victimes de l’amiante a eu à gérer 300 dossiers en Sarthe.

« Et c’est loin d’être terminé » a averti madame Hertz. « En 2020, malgré la crise, nous avons traité 27 nouveaux cas. Le nombre de malades qui nous contactent est très fluctuant, car c’est une maladie qui se déclare très tard, 30 à 40 ans après l’exposition », a-t-elle souligné. Selon ses projections, quelque 1 600 décès seront à déplorer chaque année d’ici 30 ans si les choses ne changent pas.

Si on s’en tient aux estimations de l’association, environ 100 000 personnes sont décédées à cause d’une maladie liée à l’amiante précisément entre 2002 et 2014. Il est même évident que ces chiffres soient en deçà de la réalité, d’autant plus que le lien entre certaines maladies et ce matériau cancérigène n’est pas établi.

Selon madame Hertz, « il peut y avoir des cancers du péritoine liés à l’amiante qui sont exceptionnels, mais qui existent. Il peut aussi y avoir des péricardites, la membrane qui enveloppe le cœur et puis d’autres que nous sommes en train de faire reconnaitre. Ce qu’on appelle des maladies hors tableau. Ces maladies-là, si elles ne sont pas très bien détectées, on peut passer à côté ».

Des jeunes dans le rang des victimes

Aujourd’hui, il reste encore environ 20 millions de tonnes d’amiante disséminées un peu partout en France. « Toutes les écoles qui ont été construites avant 1997 ou tous les bâtiments publics qui ont été faits avant cette date-là, on ne les a pas démolis, mais ils sont là. Il faut les surveiller, il faut les réparer et pas dans n’importe quelles conditions surtout », a conseillé Sonia Hertz.

Les victimes autrefois étaient le plus souvent celles qui s’étaient pendant longtemps exposées au minéral composé de silicate de magnésie. « Jusqu’à présent, on avait des dossiers de gens qui avaient travaillé l’amiante dans certaines entreprises comme la SICO ou Carel et Fouché et d’autres que je ne peux pas citer, car elles n’ont pas été reconnues comme sites amiantés. Mais maintenant, on commence à avoir des victimes comme des gens qui ont travaillé dans le secteur du bâtiment et qui percent des murs sans être protégés », a-t-elle révélé.

Elle se dit par ailleurs inquiète pour le futur d’élèves qui fréquentent les écoles non désamiantées. À l’en croire, « il y a des petits qui ont été soumis à l’amiante et qui retrouveront cette maladie (…) à 30 ou 40 ans ».

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